Sur ce blog à 1000 mains, il y a des jeux d'écriture. Le dernier en date: écrire une histoire à partir d'une photo. Liberté quasi-totale, la seule contrainte est de s'inspirer de la photo!

 

Voici la photo:

http://a1000mains.hautetfort.com/media/02/02/1198407303.jpg

 

Et voici mon histoire!

 

****

 

 

 

Je m'endormais lentement, la tête sur la table, les yeux qui peinaient à rester ouverts. Premier plan sur mon stylo. J'avais pourtant à faire. Mais la page restait blanche. Blocage de l'écrivain? Possible. Tout ce que je voyais était la futilité de mon existence en cet instant précis.

Un temps magnifique, des pêches juteuses, cet été était le meilleur de ces cinq dernières années. Cette année avait été productive. J'avais enfin un contrat avec une maison d'édition.

 

Et puis... Et puis plus rien ne venait. Et l'idée même de me forcer, de travailler, me donnait la migraine. Ce stylo devant moi me narguait. La cartouche d'encre était pleine. Et elle ne se viderait pas aujourd'hui.

Une autre tasse de thé, peut-être, histoire de me donner courage.

 

Non.

Je fermai les yeux, enfin, sous ce soleil de Provence.

 

Les grillons chantaient. Eux seuls semblaient goûter à la joie d'être vivant. Ha! Ils ne se posaient pas de question, eux!

 

Je me réveillai soudain, en sursaut. Il faisait nuit. Le vent soufflait. Il semblait murmurer quelque chose. Comme si les pins en contrebas se gaussaient de mon désarroi. Que la nature pouvait être cruelle, parfois! Ou bien me l'imaginais-je. Les monstres de mon enfance avaient la vie dure, et j'en surprenais souvent un ici ou là, au détour d'un réverbère mal allumé.

 

Les brumes m'envahissent, comme chaque soir. Je sais que c'est la fin. J'ignore pourquoi. J'ignore pourquoi je suis allongé sur les pavés. Le temps s'était encore dilaté, m'avait emporté quelque part.

Je n'étais plus chez moi. Enfermé dehors, dans mon propre corps sans repères.

 

Qui étais-je à présent? Dans un vague souvenir, j'entrevis un visage. Des yeux de dément. Un loup, peut-être. Il fallait que je bouge. Je me mis donc debout et commençai à marcher au milieu de cyprès, les odeurs chamboulées s'agrippaient à ma chemise. Non, je ne suis pas celui-là.

 

Je me mis à remonter la petite rue pavée, qui montait vers les collines. Que faisais-je si loin de chez moi? Les sirènes chantaient. Je trouvai la clef de ma maison, en haut de la colline, dans la serrure. Rien que le silence de mort. J'ouvris la porte, et avançai. Les buissons caressaient mes jambes, les aubépines voulaient me retenir. J'avais de plus en plus de mal à avancer vers la terrasse.

 

Je cueillis une pêche au passage. Gorgée de soleil, elle semblait briller dans ce lieu dans lumières. Un chien hurla. Je me retournai. Et je vis alors la théière cassée, sur le sol, la tasse en miettes, la chaise à l'autre bout de la terrasse, la table pliée en deux, le stylo planté dans un pot de fleurs, vidant son encre dans la terre. La feuille froissée, qui roulait contre le parapet.

 

"Ha, tu es là!" me dit une voix. "Tu as fini?"

 

Le vide.

 

"Oui." répondis-je.

 

Je fermai les yeux. Non, je ne suis pas celui-là. J'étouffai un bâillement et m'étirai. Quand j'ouvris les yeux, je ne vis que les flashes des photographes penchés sur mon corps.

Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 16:31

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La musique.

Elle occupe une place importante dans ma vie, et il ne se passe quasiment pas un seul instant sans que ma cervelle ne me joue un air. Je suis assez éclectique, j'écoute des choses assez variées.

 

Dernièrement, j'ai pensé au rock et à pourquoi j'aimais tel ou tel groupe.

 

Prenez Billy Talent, par exemple. Groupe canadien pas très connu en France, je pense... ou du moins pas le plus connu. Le chant et la voix de Ben Kowalewicz peuvent en rebuter plus d'un, mais faut dépasser ça. Ce qu'il y a de bien aussi dans Billy Talent, c'est la guitare. Pour un groupe de ce genre (rock, un tantinet punk? Je sais pas!) les riffs sont recherchés, travaillés. Ian D'Sa apporte une touche particulière à la musique. Ce groupe a une identité propre, un son intéressant, un propos.

 

Je suis tombée il y a peu sur la video de Nothing To Lose, qui parle du malaise adolescent quand on est méprisé, ignoré ou malmené (ou tout à la fois) par les autres (malaise qui conduit au suicide dans le cas de la chanson.) Cela m'a rappelée des émotions, des moments de ma propre adolescence où les autres m'ont bien fait sentir ma différence. J'avais des idées noires, très noires, et avais des pensées suicidaires. J'ai même somatisé mes problèmes, mon corps refusait de bouger naturellement, je devais me forcer à marcher, c'était comme être soudainement atteint d'une maladie musculaire. J'ai redoublé la seconde. Il y a eu des progrès sociaux, puis j'ai changé d'école.

 

Il y a des moments comme ça, où les choses reviennent, parce qu'on oublie jamais comment c'était, d'être le mouton noir de la classe. Les choses qui nous plaisaient devenaient un calvaire. Plus envie de rien, échec scolaire. C'était comme ça quand j'avais 14-15 ans. Ce genre de souvenir de s'efface jamais. Il s'estompe parfois, mais reste bien là.

Comment se fondre dans la masse quand on ne se passionne pas pour le basket, mais qu'on lit Platon dans le train? Comment ne pas passer pour un alien quand on fait des maths pour le fun et qu'on ne comprend pas vraiment le comportements de nos congénères?

 

Passons. J'aime beaucoup Billy Talent. C'est assez recherché. Et j'en viens à ce pourquoi j'aime certains groupes.

 

L'ennui, la répétition, la lassitude. Faire toujours la même chose, c'est assez... allez, on eonce des portes ouvertes... rébarbatif. La musique peut être plaisante, efficace, ce que vous voulez, mais quand c'est trop souvent la même chose, c'est assez chiant.

 

J'aime bien le punk. Mais ce qui m'empêche vraiment de l'apprécier pleinement, c'est la répétition, la facilité. J'avais bien aime Blink 182, que j'avais trouvé joyeusement régressif... mais je m'en suis lassée... (est-ce vraiment du punk? peu importe!), et Sum41 avait trouvé grâce à mes yeux avec Does This Look Infected et surtout Chuck, où ils mélangeaient les influences punk et heavy, pour donner un album beaucoup plus convainquant que ce que font leurs semblables. Mais là encore, répétitions, et ça m'agaçait devoir quasiment trois fois la même chanson dans trois albums différents! Et quand Dave Brown a quitté le groupe, le son metal a aussi disparu, pour retomber dans la facilité et la redondance, pour ainsi dire, je n'ai pas pu écouter Underclass Hero en entier... je cale au bout de 7 titres environ.

 

Je préfère, finalement, le vieux punk, comme les Ramones et les Sex Pistols, même si le groupe anglais n'est pas exempt de répétitions. Oui, je sais, je suis chiante avec ça, et j'en viens à me répéter moi-même!

 

Changeons de registre. Un de mes groupes préféré est Muse. A chaque album il y a une évolution, des expérimentations. SI le dernier n'est pas totalement convainquant, il est surprenant et assez ahurissant. Rien que pour ça, j'aime Muse. Mais j'aime aussi leur musique, et ce depuis leur premier album.

Il en va de même avec le groupe danois Mew, qui explore, grandit, à chaque album.

 

C'est peut-être plus subtile, mais je trouve Tim Christensen très intéressant pour la musique fouillée, aboutie... il y a certes quelques répétitions, mais elle ne sont pas tout à fait à l'identique, et chaque album sonne différemment. Il y a un mélange d'influences, de références, des expériences de vie entre chaque titre. Si le premier album est le plus "mainstream" musicalement parlant, il est pas dénué de quelques perles. Et le second album, Honeyburst, est un monstre de variation et de cohérence, avec des passages qui reviennent ici et là... On l'écoute d'une traite, c'est magistral. Le troisième album Superior, est aussi varié et abouti, et on reconnaît la patte de "Tim C". Mais je le trouve moins bon que le précédent, dans l'ensemble.

 

Bon, n'allez pas croire que je n'aime que le mouvement. J'aime aussi des choses qui se répètent, même si je les écoute moins souvent.

 

C'est juste qu'en général, je me lasse assez vite des choses, et je cumule les intérêts et les passe-temps, qui sont passagers, temporaires, et vite remplacés par d'autres, et ainsi de suite. Je trompe l'ennui avec une sorte de curiosité hyperactive qui n'est finalement jamais assouvie. A cause de cette lassitude. C'est très perturbant, on veut tout faire, tout connaitre, on ne sait pas par quoi commencer ni où donner de la tête. On ne fait qu'effleurer la surface. Et on n'avance pas... Et on s'ennuie alors qu'on fait plein de choses.

 

La musique est un de mes moyens de communication. J'écris, je compose, je joue. Mes écrits ont toujours eu une saveur sombre, assez déprimée. Que voulez-vous, j'ai l'impression d'avoir appris non pas à vivre, mais à survivre; à prendre des coups et à garder le sourire, et à me convaincre que tout va bien.

 

Non en fait, sans la créativité et l'expression artistique, la vie serait bien morne! La musique me parle. Le Sacre du printemps de Stravinsky me met en transe. Mon cerveau est une télévision qui marche sur plusieurs chaînes en même temps. J'ai des images, des "films", des sons, qui n'ont parfois rien en commun, mais voilà, c'est là, et je pense à tout un tas de trucs, tout en travaillant. Si je pouvais écrire tout ce que j'ai en tête...

Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 23:29

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 01:19

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Un p'tit mooooot

  • : Réflexions sur la spiritualité, la religion, l'actualité, la science, la philosophie, la politique...
 
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